Maladie héréditaire chez l'animal : définition, races concernées et prise en charge assurance
Votre chiot ou votre chaton appartient à une race réputée fragile, et vous vous demandez ce qui se passera si une maladie « de famille » se déclare ? Pas de panique. Voici, en mots simples, ce qu'est une maladie héréditaire, comment la repérer et ce que les assurances prévoient vraiment.
Une maladie héréditaire est une maladie que l'animal reçoit de ses parents, un peu comme la couleur de son pelage. Elle peut apparaître dès la naissance ou seulement à l'âge adulte. Certaines races y sont plus exposées que d'autres. On peut souvent la repérer tôt grâce au vétérinaire ou à un test ADN. Côté assurance, la plupart des contrats ne la remboursent pas, mais quelques offres la prennent en charge en partie. Le bon réflexe : lire la liste des exclusions avant de souscrire.
Les hanches fragiles du Labrador, le cœur sensible du Cavalier King Charles, les reins du Persan… Ces problèmes ont un point commun : ils se transmettent des parents aux petits. C'est souvent une source d'inquiétude pour les propriétaires, car ces maladies peuvent durer toute la vie de l'animal. Pourtant, un animal d'une race exposée n'est pas forcément un animal malade. Beaucoup de ces maladies se repèrent tôt, certaines s'évitent dès le choix de l'éleveur, et la plupart se soignent ou s'accompagnent très bien.
Qu'est-ce qu'une maladie héréditaire chez un animal ?
C'est une maladie inscrite dans le « code » de l'animal, son ADN, et transmise par son père, sa mère ou les deux. Elle est là dès le départ, mais elle ne se voit pas toujours tout de suite : certaines apparaissent chez le chiot, d'autres seulement vers 5 ou 7 ans. Si certaines races sont plus touchées, c'est parce qu'elles ont été créées à partir d'un petit nombre d'animaux : un défaut présent chez quelques ancêtres a pu se répandre dans toute la race.
Héréditaire, congénitale, chronique : quelle différence ?
Ces mots se ressemblent et on les confond souvent, y compris dans les contrats d'assurance. Voici comment les distinguer simplement.
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| Type de maladie | En clair | Exemple |
|---|---|---|
| Héréditaire | Transmise par les parents. Elle peut apparaître à tout âge. | Les reins abîmés du chat Persan |
| Congénitale | Présente dès la naissance. Elle vient parfois des parents, parfois d'un souci pendant la gestation. | Une hernie au nombril chez le chiot |
| Chronique | Dure longtemps ou revient régulièrement, quelle qu'en soit la cause. | L'arthrose, le diabète |
Une même maladie peut être tout cela à la fois : la dysplasie de la hanche est héréditaire et chronique. Retenez surtout que les assurances ne traitent pas ces catégories de la même façon, d'où l'intérêt de bien les distinguer.
Comment ces maladies se transmettent-elles ?
Chaque animal reçoit deux exemplaires de chaque gène : un de son père, un de sa mère. Selon la maladie, il suffit d'un seul exemplaire défectueux pour tomber malade, ou il en faut deux.
- Le gène « caché » : l'animal n'est malade que s'il a reçu le défaut de ses deux parents. C'est le cas le plus courant. Deux parents en parfaite santé peuvent donc avoir un petit malade.
- Le gène « dominant » : un seul exemplaire suffit. Si l'un des parents est malade, une partie de ses petits le sera aussi.
- Les maladies « à plusieurs facteurs » : plusieurs gènes entrent en jeu, mais aussi la croissance, le poids ou l'activité. C'est le cas de la dysplasie de la hanche.
Deux parents en bonne santé, mais tous deux porteurs
Aucun des parents n'est malade, et pourtant un petit sur quatre risque de l'être.
Un parent malade et un parent sain
En moyenne, la moitié des petits hérite de la maladie.
Probabilités moyennes pour chaque naissance, pour une maladie liée à un seul gène.
Porteur sain ou malade : quelle différence ?
Un animal « porteur sain » a reçu le défaut d'un seul de ses parents. Il ne tombera pas malade et vivra normalement. Simplement, il peut transmettre ce défaut à ses petits. Pour un animal de compagnie qui n'aura pas de portée, ce statut ne change donc rien au quotidien. Il compte surtout pour les éleveurs.
Quelles sont les principales maladies héréditaires selon les races ?
Le chien est l'animal pour lequel on connaît le plus de maladies héréditaires : la base française Genodog, créée avec la Société Centrale Canine et l'école vétérinaire d'Alfort, en recense plusieurs centaines. Chez le chat, elles sont moins nombreuses, mais certaines touchent des races très populaires.
Chez le chien : hanches, médicaments et yeux
La dysplasie de la hanche et du coude. L'articulation se forme mal pendant la croissance. Le chien finit par boiter et souffrir d'arthrose. Elle touche surtout les chiens de taille moyenne à grande. Pour connaître les frais à prévoir, consultez notre page sur le coût de la dysplasie chez le chien.
La sensibilité à certains médicaments (gène MDR1). Ce n'est pas vraiment une maladie : le chien vit normalement, mais certains médicaments courants, comme des antiparasitaires, peuvent l'intoxiquer gravement. Elle concerne surtout les chiens de berger comme le Berger australien ou le Colley. Un simple test permet de le savoir une fois pour toutes, et il suffit ensuite de prévenir son vétérinaire.
Les maladies des yeux. Certaines races peuvent perdre peu à peu la vue ou développer une cataracte jeune. Un examen des yeux chez un vétérinaire spécialisé, et souvent un test ADN, permettent de les repérer.
Chez le chat : reins, cœur et muscles
Les reins (polykystose rénale). Des petites poches de liquide se forment dans les reins, qui fonctionnent de moins en moins bien avec le temps. Elle touche surtout le Persan et les races proches.
Le cœur (cardiomyopathie hypertrophique). Le muscle du cœur s'épaissit. C'est la maladie cardiaque la plus fréquente chez le chat, notamment chez le Maine Coon et le Ragdoll. Elle reste souvent silencieuse pendant des années, d'où l'intérêt d'un contrôle chez le vétérinaire.
Les muscles (amyotrophie spinale). Chez le Maine Coon, elle affaiblit les pattes arrière dès les premiers mois. Elle n'est pas douloureuse, et le chat peut vivre une vie d'intérieur tout à fait confortable.
Les races les plus concernées
Le tableau ci-dessous donne quelques exemples connus. Une race « prédisposée » a simplement plus de risques que les autres : la majorité des animaux de ces races ne tomberont jamais malades, surtout s'ils viennent de parents testés.
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| Race | Maladie | Signes à surveiller | Quand ça apparaît | Comment la repérer | À prévoir |
|---|---|---|---|---|---|
| Labrador, Golden Retriever, Berger allemand | Dysplasie de la hanche et du coude | Boite, a du mal à se lever, à sauter ou à monter les escaliers | Pendant la croissance ou à l'âge adulte | Radiographie, à partir de 12 mois (18 mois pour les grands chiens) | Variable des médicaments à la chirurgie, qui peut coûter plusieurs milliers d'euros |
| Berger australien, Colley | Sensibilité à certains médicaments ; maladies des yeux | Tremblements après un traitement ; baisse de la vue | Dès la naissance (médicaments) ; jeune adulte (yeux) | Test ADN ; examen des yeux | Test unique pour les médicaments ; chirurgie possible pour la cataracte |
| Cavalier King Charles | Maladie du cœur ; douleurs au niveau du cou | Toux, fatigue, souffle au cœur ; se gratte souvent le cou | Souvent à l'âge adulte, parfois plus tôt | Contrôle du cœur régulier chez le vétérinaire ; IRM pour le cou | Long terme traitement et suivi souvent à vie |
| Bouledogue français, Carlin | Difficultés à respirer liées à la forme du museau | Ronfle fort, s'essouffle vite, supporte mal la chaleur | Dès le plus jeune âge | Examen chez le vétérinaire | Variable chirurgie possible selon la gêne |
| Persan, Exotic Shorthair | Maladie des reins (polykystose) | Boit et urine beaucoup, mange moins, maigrit | Souvent à l'âge adulte | Test ADN ; échographie | Long terme suivi et traitements à vie |
| Maine Coon, Ragdoll | Maladie du cœur ; faiblesse des pattes arrière (Maine Coon) | Souvent aucun signe, puis respiration rapide ou pattes arrière paralysées d'un coup | Jeune adulte (cœur) ; dès 3 à 4 mois (pattes) | Test ADN ; échographie du cœur | Long terme traitement du cœur à vie |
Exemples donnés à titre indicatif. Les coûts varient selon la gravité, la région et la clinique : seul votre vétérinaire peut vous faire un devis. Pour aller plus loin, voir notre page sur le coût des maladies héréditaires chez le chien.
Allez sans attendre chez le vétérinaire si votre chat respire vite, la bouche ouverte, ou si ses pattes arrière se paralysent d'un coup ; si votre bouledogue ou votre carlin a du mal à respirer, surtout quand il fait chaud ; ou si un chien de berger tremble ou semble perdu après un traitement. Dans ces cas-là, chaque minute compte.
Votre animal appartient-il à une race prédisposée ?
Découvrez des assurances santé animales et ce qu'elles prévoient pour les maladies héréditaires, pour souscrire sans mauvaise surprise.
Dépistage et diagnostic : comment repérer une maladie héréditaire ?
Chez le vétérinaire : examen, radio, échographie
Tout commence par une consultation : le vétérinaire écoute le cœur, observe la façon dont l'animal marche, regarde ses yeux. Selon la maladie recherchée, il peut proposer une radio (pour les hanches et les coudes), une échographie (pour le cœur ou les reins) ou un examen des yeux chez un spécialiste. Ces examens ont un gros avantage : ils repèrent aussi les maladies pour lesquelles il n'existe pas de test ADN.
Le test ADN : simple, rapide, mais pas magique
Pour faire un test ADN, il suffit le plus souvent de frotter un petit coton-tige à l'intérieur de la joue de l'animal. Le laboratoire indique ensuite s'il est sain, porteur ou malade pour la maladie recherchée. C'est fiable, mais chaque test ne recherche qu'une seule maladie, et il n'en existe pas pour toutes. Un test négatif ne remplace donc pas les contrôles chez le vétérinaire, en particulier pour le cœur du chat.
Côté budget, comptez en général entre 40 et 120 € par test, selon la maladie et le laboratoire. Des bilans qui regroupent plusieurs maladies existent aussi, un peu plus chers. Ces prix sont donnés à titre indicatif : demandez un tarif à jour à votre vétérinaire.
À quel âge faire un dépistage ?
Un test ADN peut se faire à tout âge, même sur un chiot ou un chaton : son ADN ne changera jamais. Pour les radios des hanches, il faut en revanche attendre que le squelette soit formé : en général à partir de 12 mois, et 18 mois pour les grands chiens. Une technique spéciale permet toutefois d'évaluer les hanches dès 4 mois environ. Pour le cœur ou les reins, votre vétérinaire vous dira à quel rythme faire les contrôles selon la race.
Demandez à l'éleveur les résultats des tests faits sur les deux parents : tests ADN, radios des hanches, contrôles du cœur ou des yeux. Un éleveur sérieux les montre volontiers. C'est le moyen le plus simple de mettre toutes les chances du côté de votre futur compagnon.
Prévention : peut-on éviter ces maladies ?
Bien choisir son éleveur
On ne peut pas changer l'ADN d'un animal, mais on peut agir avant sa naissance. Un bon éleveur fait tester ses reproducteurs et évite d'accoupler deux porteurs ensemble. Résultat : aucun petit malade, même si l'un des parents est porteur. Avant d'adopter, posez-lui trois questions simples : quels tests ont été faits sur les parents ? Quels étaient les résultats ? Suit-il les conseils de son club de race ?
Agir tôt pour mieux vivre avec la maladie
Si votre animal est exposé ou déjà malade, un suivi précoce change beaucoup de choses. Pour les hanches fragiles, garder un poids de forme et éviter les efforts trop violents pendant la croissance limite les douleurs. Pour le cœur ou les reins, repérer la maladie avant les premiers signes permet de mettre en place un traitement au bon moment. Et pour un chien sensible aux médicaments, il suffit de le signaler à chaque vétérinaire. Une maladie repérée tôt, c'est souvent une maladie qui se vit bien.
Assurance animaux et maladies héréditaires : quel remboursement ?
Pourquoi la plupart des assurances ne les remboursent pas ?
Une assurance est faite pour couvrir l'imprévu. Or une maladie héréditaire est déjà « programmée » dans l'ADN de l'animal avant même la signature du contrat, et on sait que certaines races y sont plus exposées. Beaucoup d'assureurs choisissent donc de ne pas la rembourser. Ceux qui le font fixent des limites : un montant maximum, un délai d'attente plus long ou des conditions de dépistage.
Voici ce que prévoient quelques offres du marché, d'après leurs documents officiels. Pensez à vérifier les conditions à jour au moment de souscrire.
Les maladies héréditaires et présentes dès la naissance sont exclues, dysplasie comprise. Les problèmes de rotule du chien sont exclus dans tous les cas.
Les malformations et maladies présentes dès la naissance sont exclues. En contrepartie, il n'y a pas d'âge maximum pour souscrire.
Les maladies héréditaires sont exclues, avec une liste précise (dysplasie, rotule, yeux…), ainsi que l'épilepsie. L'animal ne doit pas en être atteint au moment de la souscription.
Exclues en principe, sauf la dysplasie de la hanche : le chiot doit être assuré avant 5 mois, sur certaines formules, et passer un examen des hanches chez le vétérinaire avant 18 semaines. Remboursement limité à 1 500 € sur toute sa vie.
La dysplasie et les problèmes de rotule sont couverts après un délai d'attente de 6 mois (si l'animal a 6 mois ou plus à la souscription). Restent exclus : certaines malformations du cœur, les problèmes respiratoires des races à museau court et les testicules non descendus. Les tests ADN liés à la race entrent dans le budget prévention (100 € par an, remboursés à 80 %).
Une garantie dédiée rembourse les maladies génétiques à 60, 80 ou 100 % selon la formule, jusqu'à 1 500 € par maladie. Attention : les remboursements sont plus limités les deux premières années.
Les garanties évoluent régulièrement : vérifiez toujours les conditions générales en vigueur auprès de l'assureur avant de souscrire.
Peut-on assurer un animal d'une race « à risque » ?
Oui, sans problème. Un Bouledogue français, un Cavalier King Charles ou un Maine Coon s'assurent comme n'importe quel autre animal. Ce qui change, c'est ce qui sera remboursé. Même avec un contrat qui exclut les maladies héréditaires, votre animal reste couvert pour les accidents et les maladies du quotidien : gastro, otite, objet avalé, fracture… Et avec un contrat qui inclut certaines maladies génétiques, une partie des frais liés à la fragilité de sa race peut aussi être remboursée.
Pour un chiot, le mieux est de l'assurer dès les premières semaines, avant le moindre symptôme. Notre guide assurance chiot vous explique quoi regarder à cet âge.
Ce qu'il faut vérifier dans le contrat
Voici comment les situations les plus courantes sont généralement traitées. Seul votre contrat fait foi.
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| Situation | Remboursé ? |
|---|---|
| La maladie était déjà connue ou visible avant la signature | Non chez tous les assureurs |
| Les premiers signes apparaissent pendant le délai d'attente (carence) | Non même après la fin de ce délai |
| Une maladie héréditaire apparaît plus tard | Selon le contrat non, en partie ou avec une limite |
| Dysplasie, problème de rotule | Selon le contrat souvent exclus ou avec un délai d'attente plus long |
| Test ADN fait par précaution | Parfois seulement si un budget prévention le prévoit |
| Accident ou maladie « classique » chez un animal de race à risque | Oui selon la formule choisie |
Avant de signer, cherchez simplement les mots « héréditaire », « congénital » et « génétique » dans les conditions générales. Regardez ensuite trois points : la durée du délai d'attente, le montant maximum remboursé pour ces maladies et l'âge limite pour souscrire. Notre article sur les exclusions à vérifier dans une assurance chien vous aide à y voir clair.
Deux règles valent pour tous les contrats. Une maladie déjà connue ou visible avant la signature ne sera jamais remboursée. Et une maladie qui se déclare pendant le délai d'attente reste exclue pour toujours. Si votre animal a déjà passé un examen ou un test qui a révélé un problème, dites-le à l'assureur et demandez-lui avant de signer comment ce sera pris en compte. Une déclaration complète vous évite un refus de remboursement plus tard.
Assurez-le tôt, avant tout symptôme, et privilégiez un contrat qui rembourse au moins une partie des maladies de sa race.
AnticiperVérifiez l'âge limite et les délais d'attente. Une maladie déjà repérée ne sera pas couverte.
Lire les exclusionsElle ne sera pas remboursée, mais l'assurance reste utile pour les accidents et les autres maladies. Une petite épargne peut compléter.
Couvrir le restePour un chat, c'est le même principe : découvrez notre sélection d'offres d'assurance chat en gardant un œil sur les exclusions liées à la race.
FAQ : vos questions sur les maladies héréditaires des animaux
En résumé
Une maladie héréditaire n'est pas une fatalité : repérée tôt et bien suivie, elle se vit souvent très bien. Choisir un éleveur qui teste ses animaux reste la meilleure prévention, et assurer votre compagnon jeune, avant tout symptôme, vous donne accès à la meilleure couverture.
- Héréditaire, congénitale et chronique : trois notions différentes, que les assurances traitent différemment
- Le vétérinaire et les tests ADN permettent de repérer de nombreuses maladies, souvent avant les premiers signes
- La plupart des assurances ne remboursent pas les maladies héréditaires, mais quelques offres les couvrent en partie
- Une maladie connue avant la signature ou apparue pendant le délai d'attente n'est jamais remboursée
- Consultez notre sélection d'offres d'assurance chien pour explorer les formules adaptées à votre compagnon
Prêt à protéger votre compagnon ?
Découvrez des assurances animaux et vérifiez ce qu'elles prévoient pour les maladies héréditaires avant de choisir.